(As We May Link, c’est une histoire du Web et de l’Hypertexte en 8 épisodes. Si vous avez manqué le début n’hésitez pas à reprendre au premier article, c’est ici : https://serviceplan.blog/fr/2021/09/as-we-may-link-la-blibliotheque-des-origines/.)

Cinquième épisode de notre série As We May Link. On s’était quittés la semaine dernière sur une note bien pessimiste, après avoir expliqué comment réseaux sociaux et moteurs de recherche avaient peu à peu réduit notre liberté de navigation sur le Web. Pourtant, en 2021, il est encore possible d’imaginer un avenir pour l’hypertexte, et même de nouvelles formes de navigation innovantes !  

Réalités augmentées

Quelles formes auront nos digressions culturelles demain ? En ces temps d’enthousiasme technologique, penchons-nous sur deux innovations qui changeront sans doute notre façon d’accéder aux contenus.

La première, et peut-être la plus évidente, c’est bien entendu la réalité augmentée. Si on attend toujours les applications qui rendront cette technologie réellement populaire, les expérimentations et démonstrations se poursuivent et certaines d’entre-elles sont prometteuses. La réalité augmentée commence, entre autres, à prendre ses marques dans la formation professionnelle et dans l’assistance aux salariés au sein des usines et des chaînes de maintenance, avec succès.

Se comportant comme une surcouche de la réalité, il n’est pas difficile d’imaginer comment cette technologie pourrait devenir une nouvelle version du monde hypertexte. Un peu comme un audio-guide de musée qui serait superposé au monde entier.

Bienvenue dans le supraverse

Imaginez donc : vous vous promenez dans la rue et vous pouvez savoir, quand ça vous chante, quels films ont été tournés dans cette même rue – c’est un jeu auquel s’adonne déjà quelques internautes cinéphiles. Mais vous pouvez également découvrir si des évènements importants, improbables, ou anecdotiques, y ont eu lieu. Certaines start-ups, comme SkyBoy pour n’en citer qu’une, travaillent déjà à ces concepts de Réalité superposée. Dans les solutions déployées par la start-up dans certains musées, vous pouvez ainsi scanner une œuvre à l’aide de votre smartphone et voir apparaître sur votre écran un guide qui vous en détaillera l’histoire et livrera mille anecdotes sur sa création.

Mais si la technologie d’accès à l’information est bien là, il manque encore un petit quelque chose pour faire du monde réel un vrai support d’hypertexte. Une plateforme comme Skyboy ne fonctionne que dans un parcours balisé, à l’intérieur d’un musée ou d’une exposition par exemple. Impossible de déclencher une histoire au hasard, et en passant dans la rue de connaître l’histoire du château d’en face d’une simple… pensée.

Vous l’avez deviné, la seconde technologie qui pourrait révolutionner l’hypertexte, ce sont bien entendu les implants cérébraux. Pour l’instant, on en est encore au stade de la science-fiction dans ce domaine, mais imaginez : à chaque question que vous vous posez, devant la télévision, au coin de la rue, en lisant un livre… vous n’avez plus à sortir votre smartphone pour effectuer une recherche mais simplement à penser à celle-ci. Les savoirs correspondants – images, sons, textes… – défilent alors dans votre tête… et libre à vous de vous y perdre et d’y naviguer comme bon vous semble.

Les enceintes connectées – comme Google Home ou Amazon Alexa – permettent, dans une certaine mesure d’imaginer ce type de comportement. Mais leur capacité de reconnaissance des phrases et leurs connaissances, basées avant tout sur la recherche textuelle du Web, sont encore limitées. Rien de bien naturel pour l’instant.

Des liens dans le cerveau

Dans le domaine des implants cérébraux, c’est aujourd’hui le Neuralink d’Elon Musk qui concentre les imaginaires. Le milliardaire américain a présenté l’année dernière des expériences réussies sur… des cochons. Loin de l’ordinateur cérébral de nos rêves. Les extensions du cerveau mises au point dans d’autres laboratoires se consacrent au contrôle à distance des ordinateurs et des appareils électroniques, principalement par l’interprétation des ondes cérébrales et leur traduction en instructions simples. L’objectif, dans un premier temps, étant de faciliter le quotidien aux personnes atteintes de paralysie. Mais qui sait si demain ces interfaces n’iront pas plus loin dans la compréhension de nos pensées ? Mais qu’on se base sur la réalité augmentée, les interfaces neuronales ou d’autres technologies à venir pour imaginer l’hypertexte de demain, peu importe. Cette exploration du futur nous fait prendre conscience de deux aspects cruciaux de notre relation à la connaissance : D’abord, la liberté de navigation, la possibilité d’être réellement libre dans ses errements et l’accès à l’information à n’importe quel moment – comme on clique de liens en liens sur la Wikipedia – sera clé dans notre appréhension de l’information dans le futur, afin de nous affranchir de l’emprise des GAFA. Ensuite, l’hypertexte du futur va plus loin que de simples liens textes : il se base sur des sons, des images, des sensations…un ensemble diversifié de médias que les technologies modernes vont nous permettre de partager de plus en plus facilement !

Envie de connaître la suite de l’histoire ? L’épisode 6 d’As We May link est déjà disponible :


As We May Link, c’est un voyage au cœur de l’hypertexte que vous propose l’agence de design digital Plan.Net France : 8 épisodes au cours desquels on parle de la façon dont créons des liens, des origines de l’hypertexte, des menaces qui pèsent sur lui et des opportunités que nous avons à le développer. Huit épisodes à retrouver sur ce blog, et sur les réseaux sociaux.

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