Transformation des RH, et si on écoutait l’humeur des salariés ?

Niko-Niko, sonder régulièrement l'humeur de ses salariés, c'est bien !

Alors qu’on glose depuis des années sur la transformation digitale, on commence enfin à se rendre compte que celle-ci n’a finalement rien de très… digitale. En fait, cette transformation n’est conséquence que d’une chose : la capacité accrue de la technologie à capter des données, et à permettre une interprétation rapide de celles-ci.
Et à l’intérieur de l’entreprise ? C’est finalement la même chose.

L’ère du contact et de la mesure

L’internaute passe son temps à donner son avis sur les produits qu’il consomme. Il utilise Booking et TripAdvisor pour noter les hôtels. Sur Facebook, il accompagne son nouveau statut et ses photos d’une icône d’humeur. Sur Twitter ou Instagram, il poste des émojis… Bref, la communication digitale est devenue pour la plupart des êtres humains un partage continu d’émotions, de joie et d’insatisfaction. A tel point qu’il devient possible de plus en plus facilement, pour une marque ou pour ses amis, de savoir quand un individu va bien, et quand il ne va pas bien. C’est facile, c’est public.

Sauf quand on franchit la porte de l’entreprise.

Là où l’être humain passe 12% de sa vie [1], il témoigne finalement très peu de son humeur et de son état d’esprit. En tout cas il ne le fait pas directement auprès des principaux intéressés par son état : ses collègues, sa hiérarchie, son entreprise… A l’heure où les salariés doutent de plus en plus du rôle et de l’engagement des services des RH [2], le partage de cette « humeur » pourrait pourtant être une pratique de choix pour resserrer les liens au sein de l’entreprise.

Traquer le quotidien

Mais comment faire pour connaître cette humeur ? On ne va pas quand même pas demander à chacun de témoigner, de venir faire la parlotte au service RH le matin pour savoir si tout va bien… On a tous quelque chose de mieux à faire de sa journée de travail. Heureusement, la transformation digitale est passée par là pour aider les organisations à capter de l’information. Pourquoi ne pas capter aussi l’humeur des salariés ?

Bien entendu, les départements des Ressources Humaines n’ont pas attendu 2017 pour envoyer régulièrement des enquêtes et des questionnaires aux collaborateurs de l’entreprise. La méthode est éprouvée, mais elle est chronophage. Même avec la meilleure volonté du monde, difficile pour les RH de prendre le pouls d’une organisation avec des formulaires simples devant résumer 6 ou 12 mois d’activité. Une enquête, c’est en général un préalable à un entretien, et cela demande finalement beaucoup de préparation de la part du salarié. Et puis, un formulaire tous les semestres est-il réellement représentatif du quotidien des équipes ? Aujourd’hui, les métiers et les périmètres de chacun des postes changent rapidement. Un projet – surtout dans les domaines digitaux – peut très facilement passer d’une paisible croisière à une franche tempête en quelques jours. Avec un recul de 6 mois, difficile de juger du stress ou du ressenti d’une situation. [3]

Niko-Niko en action

On peut imaginer plus agile que ça. Une méthode simple et héritée des pratiques agiles des équipes de développement [4] existe déjà : elle s’appelle Niko-Niko.

[Screenshot Niko Niko]

L’idée originelle de Niko-Niko est simple : chaque jour, les personnes impliquées dans un projet laissent un post-it de couleur sur un tableau pour indiquer leur humeur, le ressenti face au travail réalisé.

Rien de rédigé ou de détaillé, c’est simplement la couleur du post-it qui détermine l’humeur :

  • Vert, tout est au beau fixe ;
  • Jaune, journée moyenne, rien à redire ;
  • Rouge, la journée a été catastrophique !

La moyenne des couleurs collées permet de juger de l’état moyen de l’équipe sur une journée donnée. On recommence le lendemain sur un tableau vierge… et il est alors possible de juger de l’évolution de l’état d’esprit de l’entreprise d’un jour sur l’autre. Simple.

Le portage de cette solution sur le digital offre de nombreux avantages :

  • Elle permet avant tout de contacter n’importe quelle personne dans l’entreprise, quel que soit l’endroit où elle travaille. Sans contraintes physiques, il est facile de prendre en compte l’avis des salariés en télé travail, ou de différents établissements d’une même entreprise. Il suffit d’un email, d’un SMS, d’un contact via un Chatbot… pour rappeler aux personnes concernées de partager leur humeur.

Niko-Niko, un email quotidien pour sonder votre humeur

  • Plus pratique encore, cette version dématérialisée permet de rattacher un contact à un équipe ou à un projet en particulier. Il est déjà intéressant de suivre les changements de ressenti d’une entreprise entière, mais connaître les moments de tension d’une équipe ou d’un projet en particulier peut aider à prévenir les dérapages.

NikoNiko, un tableau de bord pour résumer l'évolution de l'humeur des équipes au jour le jour

  • La version électronique permet également de facilement calculer la moyenne d’une humeur et de voir son évolution dans le temps… et de détecter ainsi les moments où les projets peuvent éventuellement déraper, ne serait-ce que dans le ressenti des équipes.

Chez Plan.Net, nous utilisons Niko-Niko depuis quelques années et avons même développé notre propre version du programme afin de faciliter la gestion de ses équipes. Les membres de l’agence reçoivent chaque matin une invitation à partager leur humeur via email. En un seul clic, la réponse est envoyée à un outil central qui se charge de faire la synthèse par équipe ou par projet. Et tous ont accès par la suite au résumé des statistiques, histoire de voir si ça propre humeur est « connectée » à celle des autres collègues de travail.

Ne pas oublier l’humain

Niko-Niko est réellement un outil idéal pour être – peut-être à nouveau – à l’écoute de ses équipes au quotidien. Mais ce n’est pas pour autant une solution miracle et ne remplace bien entendu pas l’écoute réelle des salariés.

La plateforme est avant tout un outil d’alerte : la mise en place de ce genre de solution demande bien entendu que quelqu’un en surveille les résultats. Cela peut-être le département des ressources humaines ou la direction générale quand on s’intéresse au moral de l’entreprise dans sa globalité. Cela peut aussi être un chef d’équipe ou un responsable de compte si on détaille les réponses d’une équipe en particulier. Ce monitoring des réponses est indispensable, c’est lui qui permettra d’en savoir plus sur les éventuelles raisons d’un mal-être des équipes.

Car pour être simple et rapide, Niko-Niko n’est pas commenté. Impossible de savoir si derrière un drapeau rouge se cache une mauvaise relation avec le client, un problème de charge de travail ou d’autres soucis d’organisation…

Pour savoir tout cela, il faut entamer un dialogue avec les équipes de l’entreprise concernée. Et c’est par ce dialogue que passera à la fois la compréhension du problème et la recherche des solutions permettant un retour au vert. Bien entendu, le suivi de l’humeur des équipes ne rime à rien s’il n’est pas suivi d’un dialogue et d’actions de la part de l’encadrement de l’entreprise pour améliorer la situation.

Niko-Niko ne remplace pas l’humain, mais permet déjà que celui-ci réagisse plus vite. La définition même de la transformation digitale finalement. Non ?